Sexe et religion


Quelle longue et sordide histoire que celle qu'entretient la religion vis à vis du sexe qui, lui, se passerait bien de cette encombrante compagnie.
Il est amusant de constater que depuis l'origine du monde les croyances et rites les plus divers ont toujours tenté de s'immiscer dans la sphère la plus privée de l'être humain, dans les méandres les plus secrets de l'intimités, afin de toujours plus asseoir leur autorité, le fut elle par les chemins les plus dégradants... Le respect de l'individu en tant que tel n'existe pas dans le religieux. Chacun d'entre nous n'est rien d'autre qu'un pion, et chacun ne doit servir qu'une seule et unique cause, celle de dieu. S'attaquer à l' immontrable, à ce qui, pour beaucoup, demeure la part la plus honteuse de leur existence, n'est donc pas un hasard.

Frapper bas, mais frapper fort...

Parvenir à contrôler la sexualité d'une personne, à mettre la main sur ces pires fantasmes, revient à contrôler l'ensemble de son existence car il est évident que, si au moment d'accomplir le plus charnel des actes d'amour, la voix de dieu vient vous rappeler à l'ordre par le biais d'un complexe de culpabilité, incrusté dans la mémoire collective depuis des millénaires, il est évident que celui qui ne peut copuler sans en ressentir de la honte, de la gêne, de la souillure, sera plus à même d'être le plus manipulable des hommes.

C'est ainsi qu'à grands coup de sermons, d'intimidations, de menaces, de tortures, et finalement d'exécutions, c'est ainsi que c'est écrit le grand livre de la censure au cour des siècles et que son grand dessin castrateur, établi par les plus grands dogmes religieux, est toujours de nos jours en passe de l'emporter... De Claude le Petit, condamné au bûcher en 1662 pour l'immoralité de ses vers, à Boris Vian poursuivi pour atteinte aux bonnes mœurs en 1950, combien de Sade et autres grands auteurs, peintres, sculpteurs, furent jetés dans les geôles d'un cachots, estropiés, humiliés, contraints à des excuses publiques et combien de leurs oeuvres furent détruites, brûlées, ou tronçonnées par les esprits barbares des censeurs les plus frustrés.

Aujourd'hui encore le monde bercé de stupidité et de haine préfère offrir à ses enfants la vue écarlate de l'insoutenable horreur de la guerre au travers de reportages toujours plus racoleurs, nauséabonds, leur donner à bouffer à longueur de journée la violence gratuite et malsaine des plus médiocres productions cinématographiques hollywoodiennes, les coller, le regard vide, devant les jeux vidéo les plus trashs... Tous et n'importe quoi pourvu que, mais vraiment pourvu que, l'on cache ces seins que l'on ne saurait voir! Mieux vaux aujourd'hui pour la meilleure des mères laisser son enfant estropier la moitié d'un pays, dans le nouveau war-games de chez Sony, plutôt que de le laisser surfer sur internet où les pires tentations pornographiques pourraient venir à bout de la sainteté de l'enfant jésus. Imaginez un peu l'embarras de cette mère trouvant son chérubin, en érection, devant des photos dénudées et écartelées de femelles tentatrices ayant depuis longtemps vendues leur âme au diable!

Du sang oui du sexe non!

Le sexe sera toujours la cible privilégiée des attaques sectaires étant donné qu'aucune autre forme d'expression n'a le pouvoir de corrompre aussi vite, et aussi aisément, les âmes les plus «respectables».
En effet qu'elle autre motivation peut permettre à un homme de remettre en cause la moindre de ses convictions si ce n'est l'appel de la chair. Combien de soit disant leaders, se revendiquant des morales les plus strictes se sont vu impliqués dans les affaires de mœurs les plus inavouables? Du curé pédophile au banquier sado-maso, du politicien scato à l'institutrice zoophile, le monde n'est que tentation et nul, pas même un pape ou un ayatollah, n'a le pouvoir d'y résister. Alors il faut châtier, terroriser la populace, lui inculquer de gré ou de forces les préceptes les plus effrayants, clouer au pilori les hérétiques qui oseraient défier la morale au nom de leur plaisir. Sida, syphilis, mst, herpès hépatites et autres légions de virus, tous plus terrifiants les uns que les autres, viennent renforcer les rangs de la chaste pensée et appuyer la démonstration que hors du mariage, de la fidélité, de la famille point de salut!
Voilà donc le grand retour des principes les plus hypocrites du XIX ème siècle, temps où il faisait bon clamer sa chrétienté dans les chaumières avant, bien-sûr, de sans aller foutre la putain dans les bordels les plus crasseux puis, c'est l'évidence, de s'en aller expier ses péchés en confession et d'être, bien entendu, et cela va de soit, pardonner en échange de quelques offrandes généreuses à la paroisse du quartier...

L' ère dans laquelle nous entrons semble bien être celle de l'absolue hypocrisie et quand viendra le temps de compter leurs fidèles nul doute que les candidats à la béatification, la respectabilité bien établie, viendront grossir les rangs de la grande lâcheté internationale.

En attendant ce triste jour, et n'en déplaisent aux pires extrêmes, je continue de laisser courir ma plume au gré de mes émotions, de mes pulsions, et si les courbes généreuses d'un hanche blanchâtre, d'une poitrine opulente, viennent à capter le flux de mon regard distrait, nul doute que dans le braise qui attisera mes sens, et perdu dans la fièvre d'un insatiable feu, j'enfoncerai sans remord dans ce ventre brûlant une verge gonflée et prête à tous les risques. Et quelle que soit soit la voie empruntée par mon membre, c'est forcément dans le moins naturel de ces doux orifices que je m'en irais, en fervent sodomite, lui cracher ma passion tout au fond des entrailles.

Amen et, comme le disait Saint Desproges, que dieu me tripote.

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