La religion et la femme


Dans tous les livres soient disant «saints», la femme y est décrite comme un être inférieure, sous évoluée, une sorte d' erreur de la nature par laquelle arrive les pires désastres. Un hybride entre l'enfant et l'adulte totalement dépourvu d'intelligence et de raisonnements. Elle y est décrite comme l'équivalent d'un animal ( il arrive même souvent qu'un animal est plus de valeur) remplissant les tâches ménagères et se contentant de sourire béatement, le visage caché sous un voile, aux remontrances au combien justifiés de son délicieux mari.
La femme est à l'évidence, toujours selon l'ensemble des écritures, à l'origine de tous les problèmes et cela dès les premiers balbutiements d'un monde apparemment créé pour ces messieurs. Ainsi la voilà condamnée à devoir payer toute sa vie l'inutilité d'une existence sans autre but que celui d' être docile et serviable envers son époux et maître et, surtout, de ne jamais émettre la moindre opinion ni le moindre doute quand à la fiabilité des choix et des décisions émise par la gent la plus virile du domicile.
Sa seule et unique fonction respectable: être mère. Car avant d'être une mère elle n'est rien... Rien d'autre qu'une tentatrice, obscène et vicieuse qui par sa malignité et ses ondulations lascives n'a pour seul dessin que d'empêcher l'homme d'accomplir le bien.
Pour toutes sectes la femme n'est rien donc rien d'autre qu'un ventre reproducteur servant à fournir la masse nécessaire de petits fidèles qui, par leur nombre, viendront grossir les rangs de nos hordes salvatrices et purificatrices quand viendra l'heure du grand combat, de la guerre... En bref fournir de la chair à canon bête et disciplinée pour nos futures croisades.
Mais tout n'est pas si simple car, même l'accouchement accomplie, dans les plus douloureuses conditions, même crucifiée et suppliciée par l'épreuve ultime de l'enfantement il faut encore que les religieux purifient le fruit du péché qui, sitôt extrait du ventre malsain est déjà enclin instinctivement au pires dépravations.
Et si, par le plus grand des malheurs, et surtout par la volonté du seigneur, le nouveau-né venait à succombé avant même d'être baptisé, ou circoncis, il s'en irait alors, le plus naturellement du monde, brûler pour l'éternité dans les flammes de l'enfer. Et c'est bien fait !
Et voilà la religion qui en remet une couche en glorifiant la femme enceinte, la mère... Cette digne représentation de la vierge Marie, ou autre prêtresse de l'abstinence, récompensée de sa chasteté par le mariage et, apothéose divin, par l' enfant.
Ne pas faire d'enfant de nos jours vous expose au plus suspicieux des regards, aux interrogations, à la méfiance collective d'une société rétrograde qui ne conçoit l'accomplissement de la femme que par l'accouchement. Refusez de faire des enfants et vous voilà intronisée anormale, créature indigne et décadente, infréquentable car pour vous la relation sexuelle n'a d'autre but que le plus vil et le plus bas de tous, celui d'avoir du plaisir, juste du plaisir, rien que du plaisir...
Inversons le problème l'espace d'un instant... En quoi faire un enfant est il un acte extraordinaire. N'importe quel animal, insecte ou microbe est capable de se reproduire, et à un bien meilleur rythme que le notre ! Tous le monde s'extasie à la vue d'une femme enceinte. On en oublie tous ces défauts, son passé, elle redevient pure et... presque intelligente...
On les sacralise à tel point qu'elles en oublient leur propres travers , leurs propres déviances les plus naturelles pour finir par prêcher, elles même, une morale qui les aurait condamné encore neuf mois plus tôt. Toutes les religions s'accordent donc sur ce point une mère est respectable tandis qu'une femme sans enfant n'est qu'une potentielle prostituée dans le meilleur des cas.
C'est donc auréolées de ce nouveau statut de femmes purifiées, que des hordes de furies réunies en association toujours proches des extrêmes se permettent, en hurlant la bonne parole à qui veut l'entendre, et en bonnes croyantes, de faire censurer livres et films, avant de faire voter des lois les plus rétrogrades pour protéger leurs chers progénitures des violences qui les entourent et, surtout, du sexe sous n'importe quelle forme.
Leur réussite est flagrante, et le tas de petits obèses qui s'agglutinent dans les canapé de France et de Navarre devant leur téléviseur est le signe d'une grande victoire et d'une grande avancée sociale et morale...
Au moins pendant qu'il sont devant la télé à regarder de pieux programmes, sans sexe, prémâchés par les chaînes les plus avant-gardistes nos chérubins potelés et demeurés ne sont pas dehors en train de brûler des voitures! Vivement une France d'obèses qui, la croix autour du coup, remercieront le seigneur de cette vie épanouissante faite d'allocations familiales, et de tendres sucreries.
Après tout ça je ne parviens toujours pas à comprendre pourquoi les femmes demeurent, sur l'ensemble du globe, les plus ferventes et acharnées gardiennes des valeurs ancestrales du sectarisme le plus mystique, et le principale vecteur de contamination religieuse dans les familles. C'est elles qui, dans la plupart des cas, poussent leurs progénitures à suivre un enseignement religieux, à être circoncis, baptisé, ou je ne sais quel autre rituel désuet et barbare.
Trois hypothèses s'offrent donc à nous:
-Soit elles n'ont pas lues le contenu de ces livres.
-Soit elles sont dépourvues d'ambition au point de se complaire dans leur asservissement et de se contenter d'une vie médiocre à élever des enfants devant les feux de l'amour.
-Ou bien l'hypothèse selon laquelle la majorité des croyantes ne sont pas en possession de toutes leurs facultés mentales s'en trouve confirmée.
Je peux parfaitement comprendre qu'un homme se complaise dans n'importe lequel de ces mythes pourvu que son autorité y soit conforté, il a tout à y gagner :
une femme docile à la maison qui lui fait à manger, lave son linge, le repasse, pond régulièrement de délicieux petits mongoles qui bientôt prendront la place de papa et maman dans la grande hiérarchie cléricale qui les rassure tant. Une femelle qui se tait et cache son visage et ses formes pour ne pas risquer d' attiser la convoitise d'autrui afin que, monsieur, point cocufier ne soit.
Mais delà à ce que les femmes se précipitent d'elles-mêmes dans les geôles de la religion...
Et pourtant nul religion ne cache sa nature profonde, son aversion pour la femme, son dégoût de la condition féminine et son attachement à l'anéantir. Il n'y a pas un passage où nous ne sommes pas salies, véritablement souillées par l'insanité de propos toujours plus sexistes, toujours plus écœurants.
Et les interdits se multiplient : interdiction de parler, de choisir son partenaire, d'avoir des rapports sexuels, de montrer son corps, d'avorter, de s'instruire, de lire, d' écrire, de créer autre chose que la vie , de disposer librement de sa sexualité, de son corps, tout simplement de vivre...
Heureusement qu'il y eu au cours de l'histoire des mouvements de femmes et d'hommes, athées et laïcs, pour nous donner le droit de vote, le droit à l'enseignement, le droit à l'avortement, à la contraception, celui de choisir notre conjoint, pour nous permettre enfin, après des siècles d'obscurantisme, d'être légale de l'homme.
Mais peut être que tout cela c'était trop, peut être que certaines n'étaient pas prêtes à recevoir tant de liberté, tant de savoir...
Mais ne nous inquiétons pas car avec la montée des intégrismes, et le retour des vraies valeurs qui ont fait notre valeureuse patrie, nous ne saurons tarder à perdre ces insignifiants acquis, obtenus contre notre gré et, bientôt, en ouvrant nos volets à l'heure où blanchie la campagne nous pourrons contempler, de nos balcons crasseux, la lumière rassurante d'un temps si chèrement réclamé, celui du Moyen Age.

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