Ex-Libris : Le cimetière de Prague


A l'heure où les mysticismes religieux sont de nouveau en passe de contrôler les masses dociles et décérébrées, j'ai pensé qu'il était temps de nous remémorer ce qu'est vraiment la religion. Tout en faisant au passage l'apologie et la promotion d'un ouvrage aux relents antithéistes des plus jouissifs.

La compassion et la tolérance n'ont jamais fait parti des plans ni des dogmes du pouvoir religieux. Buchers de l'inquisition, massacre de la Saint Barthélémy, extermination des populations d’Amérique, colonisation israélienne en Palestine, destruction de Palmyre et des bouddhas géants, ravage du musée de Mossoul, conflit sunites-chiites, excision, circoncision, fatwas, inégalité des sexes, attentats quasi quotidien de l’État Islamiste, tortures, exécutions, voilà le vrai visage de dieu. N'oublions jamais que les religions n'ont toujours fait que prêter main forte aux dictatures tout en persuadant les populaces incultes du bienfait de leurs actions...

Aussi, préférant la culture aux charlatanismes religieux, je me retire avec discrétion pour vous laissez savourer sans modération cet extrait du roman "Le cimetière de Prague", d'Umberto Eco, célèbre auteur du "Nom de la Rose" et qui faire dire avec brio, de la bouche de son héros, des vérités devenues si rares que j'avais fini par croire en être le dernier dépositaire. Excès de prétention que cela :

« Les prêtres… Oisifs, ils appartiennent aux classes dangereuses comme les voleurs et les vagabonds. Un type se fait prêtre ou moine rien que pour vivre dans l’oisiveté, et l’oisiveté est garantie par leur nombre. Si les prêtres étaient, disons, un sur mille âmes, ils auraient tellement à faire qu’il ne pourraient pas passer leur temps à se gratter le nombril en mangeant des chapons. Parmi les prêtres les plus indignes, le gouvernement choisit les plus stupides, et les nomme évêques.
 
Ils commencent à rôder autour de toi quand tu viens de naître, ils te baptisent ; tu les retrouves à l’école, si tes parents ont été bigots au point de te confier à eux, puis c’est la première communion, et le catéchisme, et la confirmation : il y a un prêtre le jour de ton mariage pour te dire ce que tu dois faire dans ta chambre, et le lendemain en confession pour te demander combine de fois tu l’as fait et pouvoir s’exciter derrière le guichet. Ils te parlent avec horreur du sexe mais tous les jours tu les vois sortir d’un lit incestueux, et sans même s’être lavé les mains ils vont manger et boire leur Seigneur, pour ensuite le chier et le pisser.
 
Ils répètent que leur royaume n’est pas de ce monde, et ils mettent les mains sur tout ce qu’ils peuvent rafler. La civilisation n’atteindra pas la perfection tant que la dernière pierre de la dernière église ne sera pas tombée sur le dernier prêtre, la terre libérée de cette engeance.
 
Les communistes ont répandu l’idée que la religion est l’opium des peuples. C’est vrai, car elle sert à refréner les tentations des sujets, et, si ce n’était la religion, il y aurait le double de gens sur les barricades, alors que pendant les journées de la Commune ils n’étaient pas assez nombreux, et on a pu les trucider sans trop attendre. Mais, après avoir entendu ce médecin autrichien parler des avantages de la drogue colombienne, je dirais que la religion est la cocaïne des peuples parce que la religion a poussé et pousse aux guerres, aux massacres des infidèles, et cela vaut pour les chrétiens, les musulmans et autres idolâtres ; et si les nègres d’Afrique se limitaient à se massacrer les uns les autres, mais les missionnaires les ont convertis et en ont fait des troupes coloniales absolument adaptées à mourir en première ligne et à violer les femmes blanches quand ils entrent dans une ville. Les hommes ne font jamais le mal aussi complètement et ardemment que lorsqu’ils le font par conviction religieuse. » 

Le Cimetière de Prague d’Umberto Eco (Extrait)
Edition Grasset

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